L'Étranger


Neben den formgestützten Gedichten mit Metrum und Reim, wie sie für die Fleurs typisch sind, hat Baudelaire auch Prosagedichte geschrieben. Das folgende Gedicht stammt aus der Sammlung Petits poèmes en prose. Es wurde von Léo Ferré kongenial vertont.

L'Étranger

  • Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
  • Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
  • Tes amis ?
  • Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
  • Ta patrie ?
  • J'ignore sous quelle latitude elle est située.
  • La beauté ?
  • Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
  • L'or ?
  • Je le hais comme vous haïssez Dieu.
  • Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
  • J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !


Der Fremde

  • Sag, rätselhafter Mann, wen liebst du am meisten? Deinen Vater, deine Mutter, deine Schwester, deinen Bruder?
  • Ich habe weder Vater, noch Mutter, Schwester oder Bruder.
  • Deine Freunde?
  • Du bedienst dich eines Wortes, das ich bis heute nicht verstehe.
  • Dein Vaterland?
  • Ich weiß nicht, auf welchem Breitengrad es liegt.
  • Die Schönheit?
  • Ich würde sie gerne lieben, die unsterbliche Göttin.
  • Das Gold?
  • Ich hasse es, so wie du Gott hasst.
  • Mmh! Und wen liebst du nun, du ungewöhnlicher Fremder?
  • Ich liebe die Wolken ... die Wolken, die ziehen ...dort hinten ... dort hinten ... die wunderbaren Wolken!

Übersetzung: Frank Freimuth